Dans une étude publiée dans Science, une collaboration internationale impliquant des chercheurs de l’IBMP apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes qui permettent aux plantes de résister aux infections virales. Les travaux montrent que l’autophagie sélective, un processus cellulaire de recyclage et d’élimination ciblée de composants cellulaires, joue un rôle essentiel pour limiter les dommages causés par une réponse immunitaire excessive.
En étudiant plusieurs virus à ARN infectant Arabidopsis thaliana, les chercheurs ont observé que les plantes incapables de réaliser l’autophagie développaient des symptômes beaucoup plus sévères et d’importantes nécroses. De manière surprenante, cette aggravation ne s’accompagnait pas d’une augmentation de la quantité de virus, suggérant que l’autophagie protège avant tout la plante contre les conséquences délétères de sa propre réponse de défense.
L’étude révèle notamment une fonction inattendue de deux familles d’enzymes métaboliques, les nitrilases (NIT) et les inosine monophosphate déshydrogénases (IMPDH). Lors de l’infection, ces protéines participent au recrutement de régulateurs immunitaires vers la machinerie autophagique. Les chercheurs montrent en particulier que ce mécanisme permet de contrôler l’abondance de la protéine EDS1, un acteur majeur de l’immunité végétale.
En limitant l’accumulation d’EDS1, l’autophagie agit comme un système de réglage fin de la réponse immunitaire et empêche l’activation excessive des mécanismes conduisant à la mort cellulaire. Ces résultats mettent en évidence un nouveau lien entre l’homéostasie cellulaire, l’autophagie sélective et l’immunité antivirale, ouvrant de nouvelles perspectives pour comprendre la tolérance des plantes aux infections virales.
Cette étude, coordonnée par Marion Clavel et Yasin Dagdas, a bénéficié de la contribution de chercheurs de l’Institut de Biologie Moléculaire des Plantes (IBMP-CNRS) : Mathieu Erhardt, Esther Lechner, Emilie Vantard, Thomas Potuschak and Pascal Genschik.