Quand la lumière parle à la cellule : le rôle central de TOR dans la croissance des plantes

La lumière n’est pas seulement une source d’énergie : elle joue le rôle de véritable guide tout au long du cycle de vie des plantes. Une revue récemment publiée dans Journal of Experimental Botany met en évidence comment les signaux induits par la lumière s’entrelacent avec les réseaux métaboliques pour réguler la croissance, la défense et la résistance au stress. Au cœur de cette intégration se trouve la kinase TOR (Target of Rapamycin), un capteur universel de l’énergie et des nutriments. TOR détermine si la plante investit dans la croissance ou active ses défenses en réponse à une multitude de signaux lumineux et métaboliques. Ce travail souligne le rôle central de l’axe Lumière–TOR dans la gestion énergétique des plantes.

Cette revue est le fruit d’une collaboration internationale réunissant des équipes de l’Université de Wageningen, de l’Université de Fribourg, de l’Université de Copenhague et de l’Institut de Biologie Moléculaire des Plantes (IBMP, CNRS – Université de Strasbourg). Mikhail Schepetilnikov, chercheur CNRS à l’IBMP, y signe le chapitre consacré à la signalisation TOR chez les plantes. Cette section explore comment TOR relie la perception de la lumière à la traduction des protéines, à la biogenèse des ribosomes et à l’autophagie, proposant ainsi un modèle unificateur de la coordination entre croissance, métabolisme et réponses au stress.

Ce travail illustre l’extraordinaire capacité d’adaptation des plantes et ouvre la voie à des pratiques agricoles plus intelligentes et durables, essentielles pour améliorer la productivité des cultures face au changement climatique et à la variabilité des environnements.