Une étude publiée dans The EMBO Journal par des chercheurs de l’IBMP (CNRS, Université de Strasbourg) révèle comment les répertoires de gènes d’ARN de transfert (ARNt) ont évolué chez les organismes photosynthétiques, en particulier les Archaeplastida, pour s’adapter aux transitions écologiques, aux contraintes génomiques et aux besoins traductionnels.
Les résultats montrent que la terrestrialisation a marqué un tournant dans l’évolution des ARNt, avec :
- La perte de la sélénocystéine et de son ARNt dédié chez les plantes terrestres, absents chez les algues.
- Des changements dans la prévalence et la structure des introns, reflétant une adaptation aux nouvelles contraintes environnementales.
- Une corrélation entre le nombre de copies des gènes d’ARNt, l’usage des codons et la composition en acides aminés, avec un renforcement des éléments cis-régulateurs chez les angiospermes, cohérent avec une demande traductionnelle accrue.
Les chercheurs soulignent également que les gènes d’ARNt des plantes sont généralement dispersés de manière uniforme dans le génome, contrairement à certaines algues où des configurations en amas sont plus fréquentes.
Ces observations soutiennent un modèle dans lequel les répertoires de gènes d’ARNt sont des moteurs de l’évolution du génome, intégrant la demande traductionnelle, l’organisation génomique et l’adaptation écologique chez les lignées photosynthétiques.